Une revenante

Après deux mois de mutisme, me voici enfin de retour dans la blogosphère. J’ai envoyé les corrections de mon manuscrit le 1er juillet et si je n’ai pas donné de nouvelles depuis, c’est que mon pauvre cerveau cramé n’en pouvait plus. J’ai profité de ce petit laps de vacances pour me consacrer à mes amis, mon travail, dormir (!) et mes romans qui croupissent, mal aimés sur leurs étagères. Pour être franche, Robin et cie me sortait par le nez, les oreilles, les yeux. Pendant presque un mois, je suis restée coincée sur un paragraphe qui m’a donné du fil à retordre. J’ai chialé, hurlé, pleuré, priée jusqu’à ce que la solution me saute aux yeux ( il s’agissait d’un mini commentaire de la directrice littéraire en marge d’une page, que j’avais mal lu jusqu’à ce que lumière fût).

 Décrire cette expérience en un mot? AGONIE. Si c’était à refaire? Absolument, puisque maintenant, je sais où j’ai perdu mon temps et je sais ce que je ne dois pas reproduire. Je crois que c’était un mal nécessaire parce que mon manuscrit en est ressorti plus concis, plus solide et honnêtement, meilleur que le dernier jet. J’ai éradiqué une centaine de pages et quelques personnages n’ont pas survécu à la guillotine (ils ne me manquent pas non plus). Je croise les doigts pour que la direction littéraire soit du même avis. Deux options se profilent à l’horizon : soit le roman passe en révision linguistique (yeah!), soit ma dirlo me renvoie le texte pour y apporter de nouvelles modifications (argh!). Je doute très fort que la première soit plausible : des scènes entières ont été retouchées, de nouvelles informations ont été insérées alors que d’autres ont pris le bord… je me prépare déjà à retravailler le texte. Je ne crois cependant pas que ce sera une tâche aussi assidue que celle des derniers mois : je pense plutôt qu’il s’agira de corrections mineures. Je suis à quelques pas de la fin!

 À présent que tout ça est en suspens pour l’instant et que mes méninges ont pris du repos, je reprends du poil de la bête. Je prépare un projet promotionnel avec une amie, dont je divulguerai les détails dans un avenir lointain rapproché :P. C’est une idée qui germe depuis longtemps dans mon esprit, auquel je peux maintenant me pencher sans aucune contrainte. Il me permet de rallier deux passions : l’écriture et le cinéma. Je n’en dirai pas plus, mais c’est excitant et j’ai très hâte que ça se concrétise.

Et vous? Comment se déroulent vos vacances jusqu’à maintenant?

Quand les corrections deviennent intéressantes…

Hier, j’ai posé une question « existentielle » sur mon blogue. Je vous l’explique.

En retravaillant l’ordre chronologique de mon roman, j’ai rapidement remarqué que j’ai réalisé plusieurs erreurs. Par exemple, dans le chapitre 9, mon héroïne remarque que trois semaines se sont écoulées alors qu’en réalité, trois ou quatre jours sont passés!

Plusieurs fois, mes directrices littéraires ont noté dans les marges de mon manuscrit que les marqueurs de temps sont, pour ainsi dire, inexistants et qu’il est difficile de cerner le passage des saisons.

Pour régler la situation, j’ai sorti un agenda que je n’ai jamais utilisé et j’ai traqué la trame de l’histoire selon les semaines. Afin de terminer le récit au moment où je le désirais, j’ai dû déplacer le début de l’histoire à la fin du mois d’octobre. D’où l’idée de remplacer la fête auquelle Robin assiste dans les premiers chapitres par une soirée d’Halloween. C’était plus une décision d’ordre logique que créative.

Ça m’a permis de faire d’une pierre deux coups. Mes directrices littéraires m’avaient suggéré d’impliquer un peu plus l’un des personnages secondaires afin que son rôle ait un impact plus important dans le roman. Et justement, cette fête d’Halloween permet à ce personnage d’avoir beaucoup plus de présence que dans la version originale, et ce, de façon fluide et subtile.

Du coup, mes corrections ont pris une tournure drastique. J’ai du fun, les amis! Je retrouve l’allégresse que j’avais lors de la rédaction du premier jet. Je m’amuse comme une folle, j’ai presque envie de publier tout ce que j’ai corrigé…

Oh et puis, pourquoi pas juste des petits bouts de scène? Ce n’est pas comme si c’était garanti qu’ils survivront à la révision directoriale….

Voici un extrait exclusif :

Lana me lance un regard impitoyable, puis me devance jusqu’à la fontaine.

-       Avoue simplement que tu préfères la compagnie de Miller, me nargue-t-elle entre deux gorgées d’eau.

-       Oui, oui, je raffole de son visage ravagé par l’acné.

Lana s’étouffe presque en éclatant de rire.

-       Peut-être qu’il sera de la fête ce soir, qui sait? dit-elle en s’essuyant la bouche du revers de la main. Si tu es trop empotée pour parler à Zack, tu pourras te rabattre sur Miller et ses furoncles. Tu pourrais même te déguiser en bouteille de Clearasil pour l’accompagner!

Bon, d’accord, j’ai triché. Cette scène existait déjà dans la version originale, il n’y a eu que deux modifications; le nom de Miller (qui changera peut-être encore demain) et l’allusion au Clearasil.

Voici une toute nouvelle scène qui s’est intégrée dans l’histoire :

Nous ralentissons devant la maison de Stéphanie. J’écarquille les yeux en apercevant l’énorme gorille qui accourt vers nous. Bouches bées, Lana et moi ne savons que dire pendant que le gorille arrache sa tête pour laisser apparaître celle de Steph, hilare. Derrière elle, sur le seuil d’entrée de son domicile, sa grande sœur Katia est également morte de rire.

Lana ouvre sa portière, furieuse.

-       Tu plaisantes, j’espère? Tu ne t’es pas déguisée en King Kong pour de vrai!

-       Non, je suis Baloo, du Livre de la Jungle! rétorque Steph sur le même ton acide.

-       Steph, Baloo est un ours, pas un singe, lui dis-je.

Un éclair d’incertitude traverse le regard de mon amie d’enfance.

-       Tu es supposée d’être sexy, pas poilue! s’exclame Lana. Hors de question que je déambule avec toi dans mes parages!

Bien sûr, il y aura du retravail, ça sort tout fraichement de mon cerveau. Et je dois faire attention de ne pas alourdir le récit. Le but de ces corrections, c’est non seulement d’améliorer le manuscrit, mais aussi de le réduire. Troquer le party pour une fête d’Halloween ne doit pas être une excuse pour allonger le roman, mais remplacer les scènes inutiles pour d’autres, plus efficaces et plus courtes.

Mais je m’amuse, oh je m’amuse! Je croise les doigts pour que ce soit le bon coup.